Site icon BuildingSphere Le blog du cabinet E.T Property Management

Le paradoxe des politiques énergétiques et la mise en place récente d’un diagnostic structurel (Décret du 12 Août 2025).

Analyse de cette situation problématique :

Les Contradictions du Système Actuel (2024-2025)

Les obligations inadaptées :

DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) devenu obligatoire pour la vente/location, pénalisant sévèrement les immeubles anciens –

Interdiction progressive de louer les “passoires thermiques” (classées F et G à partir de 2025, E en 2028, D en 2034) –

Objectif 2050 : tous les logements en classe A ou B – techniquement impossible pour beaucoup d’immeubles patrimoniaux sans les dénaturer

Le piège financier pour les copropriétés anciennes :

Travaux d’isolation extérieure : 200-400€/m²

souvent impayable pour copropriétés modestes

Changement de chauffage collectif : 500 000€ à 2 millions selon taille

endettement sur 25-30 ans –

Aides MaPrimeRénov’ Copropriété plafonnées et complexes à obtenir

Taux de refus en AG élevé : propriétaires âgés, bailleurs qui ne veulent pas investir, finances tendues

Les Aberrations Techniques

Pour les immeubles anciens en pierre :

L’isolation extérieure emprisonne l’humidité dans les murs respirants → accélère leur dégradation – Modification de l’aspect architectural → refus des Architectes des Bâtiments de France en zones protégées – Systèmes de ventilation inadaptés aux volumes anciens → moisissures, condensation

Les priorités inversées : La politique actuelle impose :

D’abord l’isolation (coûteux, parfois contre-productif)

Puis le chauffage performant

Enfin… peut-être… la structure

Alors que la logique voudrait :

D’abord réparer fuites et structure (sinon l’isolation piège l’eau et aggrave tout)

Puis optimiser les systèmes existants (régulation, programmation)

Ensuite seulement isolation adaptée au bâti ancien

Les Drames Humains Actuels Copropriétés en spirale descendante :

Propriétaires ne pouvant ni vendre (DPE catastrophique) ni rénover (pas d’argent) ni louer (interdiction progressive)

Dépréciation de 20-40% de la valeur des biens en classe F-G

Copropriétaires piégés dans un actif devenu quasi-illiquide

Syndics qui abandonnent les copropriétés “ingérables”

Les oubliés de la transition :

Retraités modestes propriétaires depuis 40 ans, incapables d’emprunter pour des travaux

Petits bailleurs obligés de vendre à perte ou laisser vide –

Copropriétés de fait (indivision) bloquées juridiquement pour voter des travaux

Ce que la Politique a ignoré jusqu’au 12 Août 2025 :

Les immeubles avec problèmes structurels : La réglementation actuelle ne reconnaît pas que certains immeubles ont besoin de :

Reprises en sous-œuvre des fondations : 100 000-500 000€

Traitement de fissures structurelles : 50 000-200 000€

Réfection complète de la plomberie : 80 000-300 000€

Reprise de charpente ou planchers : 150 000-400 000€

Résultat : copropriétés obligées d’emprunter pour l’isolation alors que l’eau s’infiltre, que les poutres pourrissent, que les balcons se détachent…

La Vision Actuelle vs. La Réalité du Terrain

Ce que dit la politique :

“Il faut isoler pour atteindre les objectifs climatiques”

“Les aides existent”

“C’est rentable à long terme”

Ce que vivent les copropriétés : –

“On ne peut pas isoler tant qu’on n’a pas réparé les fuites qui coûtent déjà trop cher”

“Les aides couvrent 30-40%, comment financer les 60% restants ?” –

“Les propriétaires âgés n’ont pas de ‘long terme’ pour amortir”

Les Effets Pervers Émergents

Gentrification involontaire :

Seules les copropriétés aisées peuvent se conformer – Les autres se dégradent → rachat par fonds d’investissement → rénovation lourde → revente/location luxe – Disparition du parc locatif abordable

Gaspillage patrimonial : – Immeubles centenaires encore solides abandonnés car “pas aux normes” – Démolitions d’immeubles réparables (bilan carbone désastreux) pour reconstruire du neuf

L’aberration carbone : – Démolir un immeuble ancien et reconstruire = 20-40 ans d’économies d’énergie nécessaires pour compenser l’empreinte carbone – Rénover intelligemment = positif dès année

Le Tournant Politique : On peut bien imaginer dans un futur proche, une révolte des copropriétaires pour forcer un changement de doctrine :

La “Loi de Réhabilitation Prioritaire” qui impose :

Diagnostic structurel avant énergétique

obligation de réparer d’abord ce qui menace la pérennité

Moratoire sur interdictions de louer pour immeubles engagés dans parcours de rénovation structurelle (5-7 ans)

Fonds National de Sauvetage du Bâti Ancien

prêts à taux zéro sur 40 ans pour urgences structurelles

DPE adaptatif

notation différente pour bâti ancien avec prime à la rénovation respectueuse

Droit à la rénovation séquencée

structure d’abord, puis enveloppe, puis systèmes, sur 10-15 ans

Le débat politique qui émerge : –

Faut-il sauver TOUS les immeubles ou laisser mourir les plus dégradés ?

Qui paie : propriétaires ? État ? Solidarité nationale via taxe carbone ? –

Peut-on imposer des travaux à des gens qui n’ont pas les moyens ?

Le Conflit Dramatique Prenons comme exemple une copropriété emblématique :

Immeuble 1930, belle architecture Art Déco – Classée G au DPE (chauffage charbon converti fuel en 1960) –

Mais : fuites chroniques, balcons fissurés, murs humides – Population mixte : retraités modestes, jeunes familles, investisseurs

La tension :

L’État menace d’interdire la location (40% de l’immeuble) – Devis d’isolation : 800 000€ – Mais diagnostic structurel révèle : 350 000€ de réparations urgentes – Budget total : 1,15 million pour 60 appartements = 19 000€/lot – Impossible à financer pour la moitié des copropriétaires

Le dilemme moral : – Voter les travaux énergétiques = conformité légale mais risque structurel ignoré – Voter les travaux structurels d’abord = illégalité, amendes, impossibilité de louer – Ne rien voter = dégradation accélérée, départ des solvables, spirale mortelle

L’issue de la politique dans un monde futuriste :

L’arrivée des nouvelles technologies va tout changer

Les mêmes travaux vont devenir faisables pour 300 000€ au lieu de 1,15 million, rendus en 18 mois au lieu de 3-4 ans, sans relogement… Cette transition pourrait être un arc narratif puissant : le passage d’un système bureaucratique inadapté vers des solutions technologiques pragmatiques qui sauvent réellement les immeubles ET leurs habitants.​​​​​​​​​​​​​​​​

Nouvelle disposition légale en France : Mise en place du diagnostic structurel . Décret d’application du 12 Août 2025

Contexte légal : la loi « Habitat Dégradé » du 9 avril 2024 : la mise en place de l’obligation de réaliser un diagnostic structurel dans les bâtiments d’habitation collectif de plus de 15 ans


2. Décret d’application : décret n° 2025-814 du 12 août 2025

Le décret 2025-814, paru au Journal Officiel le 15 août 2025, précise les modalités pratiques du dispositif. Voici ses points essentiels :

2.1 Secteurs concernés

2.2 Immeubles concernés & périodicité

2.3 Contenu, compétences et garanties


3. Effets, obligations et enjeux pour les copropriétés et propriétaires

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